Comment accélérer l’adoption de la lutte biologique dans les cultures de plein champ et l’agriculture extensive au sein de l’UE ?
L’avenir de l’agriculture européenne repose sur des solutions durables, efficaces et innovantes. La lutte biologique, alternative respectueuse de l’environnement aux produits phytosanitaires conventionnels (PPC), a le potentiel de révolutionner l’agriculture. Lors du séminaire sur la politique européenne organisé par IPMWORKS, Nicolas de Menten, responsable des affaires réglementaires chez FytoFend, a abordé les principaux obstacles et les solutions nécessaires pour accélérer l’adoption de la lutte biologique en plein champ et dans l’agriculture extensive au sein de l’UE.
Démystifier les idées reçues sur la lutte biologique
L’un des principaux défis liés à la lutte biologique réside dans la persistance de mythes et d’idées reçues. Nicolas de Menten a mis en évidence et réfuté plusieurs de ces croyances courantes :
- « La lutte biologique se limite aux cultures protégées » – Faux. La lutte biologique s’applique également aux cultures de grandes cultures.
- « La lutte biologique est un marché de niche » – Ce n’est plus le cas. FytoFend a procédé à un lancement à grande échelle en Allemagne en 2024 avec FytoSol®, sa nouvelle solution de lutte biologique contre le mildiou de la pomme de terre. Au niveau de l’Union européenne, le marché de la lutte biologique représente 1,6 milliard d’euros et connaît une croissance rapide !
- « La lutte biologique est réservée à l’agriculture biologique » – Faux. Elle s’applique aussi bien à l’agriculture biologique (AB) qu’à la lutte intégrée contre les ravageurs (LIR).
- « La lutte biologique est inefficace » – Ce n’est pas vrai. Elle a démontré son efficacité, même contre des maladies difficiles à combattre telles que le mildiou de la pomme de terre.
- « La lutte biologique coûte trop cher » – Affirmation sans fondement. Des programmes démontrent que son coût est comparable à celui des solutions conventionnelles.
Les obstacles réglementaires freinent l’adoption de la lutte biologique
Malgré son potentiel, l’adoption de la lutte biologique dans l’UE se heurte à d’importants obstacles réglementaires. Par rapport à d’autres régions telles que le Brésil et les États-Unis, le processus d’homologation de l’UE est excessivement long, coûteux et complexe. Pour que la lutte biologique devienne une solution agricole courante, des changements réglementaires sont indispensables. Parmi les principaux axes d’évolution, on peut citer :
- Donner la priorité aux substances et produits à faible risque et respectueux de l’environnement – Cela permettrait d’accélérer leur mise à disposition pour les agriculteurs.
- Accorder des périodes d’autorisation illimitées aux substances à faible risque – Une mesure qui garantirait une sécurité à long terme aux fabricants et aux utilisateurs de produits de lutte biologique.
- Report de la réévaluation des substances non prioritaires – Cela permettra de réduire la charge de travail des évaluateurs chargés de la réglementation.
Une approche en plusieurs étapes pour accélérer la lutte biologique
Afin de surmonter ces obstacles réglementaires, une approche en quatre étapes est proposée :
- Établir une définition claire de la lutte biologique à l’échelle de l’Union européenne – Garantir une approche réglementaire cohérente dans l’ensemble des États membres.
- Renforcer la mise en œuvre du règlement n° 1107/2009 – Encourager les États membres à appliquer la réglementation existante de manière plus efficace.
- Introduction de modifications ciblées au règlement n° 1107/2009 – Répondre aux défis spécifiques auxquels sont confrontées les solutions de lutte biologique.
- À plus long terme : élaborer un règlement spécifique à la lutte biologique – Mettre en place une procédure réglementaire simplifiée et adaptée aux produits de lutte biologique.
Les agriculteurs, le secteur de la lutte biologique et les consommateurs : un intérêt commun
Un cadre réglementaire solide est indispensable pour garantir la sécurité des produits, mais des charges administratives excessives freinent l’innovation. Alors que d’autres régions progressent plus rapidement dans l’adoption de la lutte biologique, la compétitivité européenne, la sécurité alimentaire et la durabilité de l’agriculture sont menacées.
En accélérant l’intégration de la lutte biologique dans l’agriculture européenne, nous pouvons :
- Élargir la palette d’outils dont disposent les agriculteurs en leur proposant des solutions plus durables.
- Augmenter la valeur des récoltes tout en réduisant les résidus chimiques.
- Réduire au minimum les risques pour la santé et l’environnement.
Conclusion
La lutte biologique a le potentiel de transformer l’agriculture européenne, mais les lacunes réglementaires freinent son adoption à grande échelle. En donnant la priorité aux substances à faible risque, en simplifiant les procédures d’autorisation et en adaptant la réglementation, l’Union européenne peut faciliter la transition vers une agriculture plus durable et plus compétitive. C’est maintenant qu’il faut agir. Les agriculteurs, le secteur de la lutte biologique et les consommateurs ont tous à y gagner.
