Faire progresser la recherche sur le COS-OGA pour une protection durable de la betterave sucrière : le projet de thèse de Maksym

Contexte et objectifs
Maksym s’est récemment lancé dans un projet de recherche doctorale au sein de l’Université Agro-Biotech de Gembloux (Liège), axé sur l’optimisation de la technologie de lutte biologique COS-OGA. L’objectif principal est d’améliorer son efficacité contre la tache foliaire causée par Cercospora (CLS), une maladie dont la prévalence et la gravité ne cessent d’augmenter dans les champs de betteraves sucrières. Cette situation représente un risque considérable pour les rendements et la rentabilité des agriculteurs et souligne l’urgence de mettre au point des stratégies de protection des végétaux efficaces et durables.
Approche scientifique et méthodologie
Cette recherche adopte une approche moléculaire et physiologique pour étudier comment le COS-OGA protège les plantes. Le COS (oligosaccharides de chitosane) et l’OGA (oligogalacturonides) sont reconnus pour leur capacité à activer les réponses de défense des plantes. Cependant, les mécanismes d’action exacts chez la betterave sucrière — en particulier dans des conditions non contrôlées, où les stress abiotiques se combinent aux stress biotiques — ne sont pas encore entièrement élucidés. Pour y remédier, Maksym réalisera un profilage complet des modifications transcriptomiques, protéomiques et métabolomiques chez la betterave sucrière exposée au COS-OGA.
Cette compréhension mécanistique permettra d’orienter l’optimisation du complexe COS-OGA, notamment par le biais de modifications structurelles potentielles et de stratégies visant à améliorer son absorption à travers la surface foliaire épaisse et hydrophobe de la plante. Ces travaux permettront également d’évaluer les performances du produit dans des conditions de stress environnemental connues pour perturber les fonctions immunitaires des plantes.
Mise en œuvre sur le terrain et collaboration
Un élément essentiel du projet réside dans son partenariat avec l’IRBAB, l’Institut belge pour l’amélioration de la betterave et de la chicorée. Ensemble, ils évalueront la variabilité, liée au génotype, des réponses au COS-OGA. La dernière étape consistera en des essais en plein champ dans des conditions d’exploitation commerciale afin de démontrer la fiabilité et l’évolutivité des résultats.
Personnes et institutions concernées
Ces travaux de recherche sont dirigés par le professeur Sébastien Massart, spécialiste des interactions entre les plantes et les micro-organismes à l’Université de Liège/Gembloux. La collaboration avec l’IRBAB est renforcée par la participation de plusieurs spécialistes, notamment Chloé Dufrane, qui apporte son expertise en pathologie du CLS ; Lisa Ponet, dont les travaux portent sur les défenses induites chez les plantes ; et André Wauters, responsable de la sélection des variétés de betteraves sucrières et des caractères de résistance.
Ce projet a pu voir le jour grâce à un financement de la Région wallonne dans le cadre du programme Win4Doc, géré par la SPW Recherche. Nous tenons à remercier Fabian Lapierre et Fleur Roland pour leur soutien, qui a permis de mener à bien ce projet.
Perspectives
En associant une analyse scientifique approfondie à des essais sur le terrain, la thèse de Maksym vise à combler le fossé entre la recherche et la mise en pratique. Ces résultats pourraient contribuer de manière significative au développement d’outils de lutte biologique de nouvelle génération, renforçant ainsi la résilience et la durabilité de la production de betteraves sucrières.
D’autres informations vous seront communiquées au fur et à mesure que les travaux passeront des environnements contrôlés à la phase de validation en exploitation.